Trio Diaminé

La Terre est une formule concert tout public en trio reprenant une part importante du répertoire traditionnel de la pizzica du Salento (Italie) et des provinces voisines. Issu de nos collectes de chants traditionnels dans la région des Pouilles, dans le talon de la botte italienne, l’ensemble des morceaux du concert LA TERRE fait appel aux racines, à la vie, la lutte, l’amour, la mort, à la culture paysanne… dans la poésie méridionale des traditions de la ‘Pizzica Salentina’ et de la Tarantella d’Italie du Sud.

Les rythmiques percussives du tambourin, la frénésie de la guitare et les vibrations profondes du tuba soutiennent la voix et les choeurs, générant un tourbillon sonore, chaleureux et enveloppant de bonheur qui appellent à la danse.

Par ce concert, entre parole, rythmes et chants, nous invitons nos publics à renouer avec le fil de la tradition musicale millénaire, cathartique et curative qu’est la Tarantella – dont les racines remontent à la Grèce Antique (Magna Grecia), entre esthétiques apollinienne et dionysiaque. Par le biais de rythmiques hypnotiques, à travers lesquelles nous transportons notre public, celui-ci se retrouve, le temps d’un concert, émotionnellement transporté, transformé, afin d’atteindre une libération des pesanteurs du quotidien . La tarentelle, phénomène rituel millénaire, demeure un mystère quant à ses causes comme à ses effets pour les tenants de la rationalité moderne. Issu des traditions rurales antiques, retracé par les ethnologues, compilé, archivé, disséqué et mis sous formol par les chercheurs de tous poils ; diffusé, industrialisé, marketé par la modernité des logiques culturelles et marchandes, le mythe de la Taranta continu à fasciner et captiver les publics! Dans les temps anciens, lorsqu’une personne était “piquée par l’araignée”, il s’agissait – l’ensemble de la communauté locale cessant toute activité – de traiter la tarantata, de soigner le mal identifié par une mobilisation des énergies collectives autour d’un rituel musical et chanté qui pouvait durer des jours, parfois des semaines entières… La Pizzica traditionnelle appartient à cet ensemble de disciplines millénaires relevant du traitement symbolique des forces signifiantes, décrivant les dimensions de l’ineffable. Les objets du monde eux-mêmes parlent un langage muet (le mythos), déployant une poésie de l’ineffable toujours à décrypter. Ce type de pensée renvoie au modèle de la connaissance chamanique, selon laquelle « toute connaissance est un acte de naissance ». Connaître est alors naître avec, percevoir de l’intérieur, par la conscience, la qualité d’être, l’énergie – la présence de ce qui est connu.

C’est, entre autres, l’une des particularités des techniques de transe qui, par un détour opéré dans l’extra quotidien, l’en-dehors du monde de l’habitus, visent la captation de la présence du sens (de l’esprit, des esprits…) et la révélation de celui-ci, favorisant un accès direct du sujet avec les puissances immatérielles du sens, afin de provoquer la libération des énergies refoulées ou bloquées au coeur de l’individu.